Les palmes sont un organe essentiel dans la pratique de la plongée et pour cela elles doivent remplir parfaitement leurs rôles, à savoir : permettre des déplacements, un maintien positionnel, une assistance efficace pour sa propre sécurité et éventuellement pour l’assistance à un ou plusieurs camarades dans la difficulté.
Pour le copain ou la copine qui débutent, le choix ne doit pas leur paraître simple : quel est le produit le mieux adapté à leur attente, dans cette jungle?
Les fabricants de matériel pour la plongée sont nombreux et pour la plupart en constante recherche d’améliorations des performances, de l’esthétique, du choix et du prix, ce n’est évidemment pas un reproche bien au contraire. Cela constitue une multitude de produits qui semblent, bien évidemment, tous convenir.
Je vais me glisser derrière ton masque et tenter de t’aider dans ton choix.
Deux familles de palmes vont d’abord trancher dans la masse.
-La palme chaussante. (fig. 0)
C’est celle qui se place sur le pied comme un chausson c'est-à-dire sans sangle ni boucle. Elle a les avantages suivants : son prix est en moyenne 40% moins cher que le modèle dérivé en version réglable, pour une utilisation en eau chaude elle peut être utilisée pieds nus (pas longtemps), le maintien du pied et le positionnement naturel de la voilure favorisent un rendement supérieur (fig 1) et le chausson néoprène à lui associer coûte la moitié du prix du bottillon à utiliser avec une palme réglable.
Il est primordial de savoir que si elle doit être utilisée en milieu naturel dans des eaux froides voire tempérées, elle doit être utilisée sur un chausson néoprène, outre le fait que pour une utilisation prolongée le chausson préservera la peau des ripatons d’irritations ou plaies en tous genres qui après prolongation dans l’eau deviendront plus ou moins longues à cicatriser et interdiront souvent la plongée du lendemain. De ce fait il faudra la choisir plus grande d’une pointure (si tu chausses 42, la version devant être pieds nus 42/43 ou 42/44 svt. la marque tu devras prendre 44/45 ou 44/46 toujours svt. la marque.). Une précision importante tu devras utiliser des chaussons et ce, même pour les entraînements à la piscine car pieds nus il te sera impossible de les garder aux pieds. Si tu te trouvais dans la situation ou une pointure est trop serrée et la pointure juste supérieure un peu grande, il te faut choisir la plus grande et utiliser un fixe palme (fig. 2) en effet une palme qui serre même qu’un peu occasionnera rapidement une crampe insoutenable sous la voûte plantaire.
Ses inconvénients : Si nous avons vu précédemment qu’elle doit être utilisée avec un chausson, celui-ci ne peut en aucun cas être soumis à la marche, sa faible résistance à la pression ainsi qu’ à l’abrasion occasionnée par le frottement sur le sol le rendent vulnérable, une seule sortie suffira à transformer tes chaussons en dentelle bien moins belle que celle de Calais. Cette palme est aussi plus difficile à placer aux pieds et à retirer surtout si l’action doit être réalisée dans l’eau.
-La palme réglable. (fig. 3)
C’est celle qui possède des boucles clipsées et une sangle réglable.
Elle a les avantages suivants : plus facile à enfiler soit en déclipsant une boucle (je déconseille : la partie de la boucle restant sur la palme se trouvant de ce fait déverrouillée et donc sujette à être perdue, mais bon c’est fait pour ça et je vends les boucles.) ou bien en glissant la sangle très facilement sous le talon et libérant ainsi la palme. Le très gros avantage de la palme réglable est que son bottillon étant une véritable chaussure avec une bonne semelle. Cela permet, surtout lors des départ du bord, de pouvoir marcher sans risque de les détruire, d’avoir un bon maintien du pied, une bonne adhérence au sol et aussi une bonne protection du pied contre les coupures surtout pour les déplacements sur des rochers.
Ses inconvénients : le prix et une légère moins bonne efficacité en terme d’effort/rendement due à l’angle trop fermé, formé par la voilure et occasionné par la forme et la rigidité du bottillon.(fig.1)
Il est toutefois important de préciser que dans toutes les situations une bonne technique de palmage sera de loin plus efficace que n’importe quelle palme fût-elle la meilleur. Et ça c’est le boulot de ton pote le moniteur et ce sera le thème d’une prochaine fiche technique.
Dans cette multitude de produits, après avoir déterminé : réglable ou chaussante la question reste : quel modèle et pour qui?
Le gabarit de l’utilisateur et surtout le volume qu’il occupe dans l’eau doit être pris en compte car c’est cette masse d’eau qu’il devra pousser. Ainsi une personne d’1m50 et de 45 kg privilégiera une palme plutôt courte et souple pour minimiser l’effort à fournir tout en se déplaçant efficacement. Cette même personne serait pénalisée par une voilure longue ou rigide car l’effort excessif appliqué sur l’eau aurait pour effet de la faire onduler de haut en bas plutôt que de la faire progresser dans l’axe de son corps. Une palme trop souple de type PMT loisir (patauge à la plage) est à proscrire même pour un enfant si on considère qu’on va l’affubler de 30 kg de matériel que représentent combi., stab., bouteille, détendeurs et lestage. Pour lui, tout déplacement à la nage capelée sera dérisoire et les palmes y laisseront leur santé. A l’inverse une personne plutôt corpulente devra privilégier un modèle plus rigide et plus long. Les modèles type apnée sont bien sûr très performants parce que longs mais sont de ce fait aussi très encombrants et ont tendance à pulvériser les masques des potes lors de plongées en milieu confiné. Sans compter que très peu de sacs pourront les recevoir.
Sur le plan de la technicité pouvant améliorer l’effort/rendement, les matières qu’utilisent les bons fabricants de bons produits ont beaucoup progressé. Les matières plastiques utilisées devront garantir un effet ressort pour un retour rapide de la voilure, être légères et procurer un bon confort.
Certains ont même réussi à favoriser le déplacement par rapport à l’énergie fournie même avec un palmage approximatif et ce grâce à une technologie inventive. C’est le cas par exemple du modèle volo et volorace de MARES qui a été adopté par beaucoup de pro., les canaux souples des avanti destinés à limiter le dérapage de la palme, en plus des nervures , augmentent en s’écartant la surface travaillante lors de l’action et en la diminuant lors du retour. Il existe bien sûr d’autres grands principes excellents chez d’autres fournisseurs. Pour en prendre connaissance il te suffit de te rendre sur leurs sites et de consulter les fiches des produits, d’analyser et ainsi de te faire une opinion sur l’efficacité des arguments exposés.
Tu peux aussi demander l’avis de camarades aguerris ou de spécialistes que tu espères compétents.
Sur ce, bonnes bulles. Jacques